C’est quoi mon problème avec le Cocon

A la suite de mon dernier article, j’ai reçu le message d’un jeune Padawan SEO. Il avait l’air perdu, très perturbé… secoué dans ses convictions profondes.

D’une voix tremblante et l’œil humide, visiblement impressionné de pouvoir s’adresser à moi directement comme ça, presque d’égal à égal il m’a dit :

« Pardonnez-moi Ô maitre des SERPs. J’ai bien lu et mémorisé tous les articles sur votre blog, La grande source de vérité… mais quelque chose me chagrine… Pourriez-vous me dire quel est le problème avec le cocon sémantique. Ô maitre des SERPs pardonnez-moi… »

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J’ai esquissé un sourire, sont-ils cocasses… Les novices de notre profession… Sont-ils cocasses.

Jeune Padawan, assieds-toi confortablement derrière ton clavier car je vais éclaircir la situation pour toi.

Les Cocoonistes plus que le Cocon

Je ne suis pas un grand fan du cocon sémantique ; et nous discuterons le pourquoi du comment plus tard dans cet article mais il faut quand même dire que mon plus gros problème, c’est plus avec les membres du culte cocooniste qu’avec le concept de cocon proprement dit.

Le cocon sémantique, tous les vieux dinosaures du SEO, comme moi, l’ont plus ou moins théorisé, à des niveaux différents et à des sauces différentes selon ses inspirations, ses opinions, sa vision du métier. On en a tous plus ou moins fait et depuis très longtemps.

Je me rappelle que, jeune padawan moi-même, j’organisais déjà en 2004, les pages satellites que nous créions dans des silos thématiques qui se liaient entre eux ou non de façon plus ou moins logiques en fonction des mots clés et des thèmes abordés. En 2004 !

Et tout ce petit business se basaient grosso-modo sur les concepts de siloing qui nous venait des US.

Depuis le temps, les choses ont évolué un chouilla quand même et je ne vais pas dire que le concept de cocon « moderne » en soit est totalement mauvais puisque ce serait faux. C’est ce que j’écris dans mon premier article sur le cocon qui faisait suite a un long échange sur twitter ici.

Ce qui me dérange avec le Cocon sémantique comme il est promu en France, c’est surtout son application par une certaines frange de la communauté de façon bête et méchante, sans une once de réflexion, façon culte. Je pense le décrire très bien d’ailleurs dans deux de mes articles intitulé « Discussion SEO avec un Bourreliste » et «Discussion SEO avec un Bourreliste Acte 2 ».

Le Cocon n’est pas la « Silver Bullet » du SEO

Allons-y et parlons des choses qui fâchent.

Le cocon sémantique a des limites. C’est comme ça, c’est la vie. Il va falloir vous y faire les cultistes du machin. Le ciel est bleu, l’eau mouille, le cocon sémantique a des limites dans son implémentation et n‘est pas la solution miracle à tous les problèmes d’un site en mal de visibilité.

Arrêtez tous de nous coller des cocons de droite et de gauche et pour toutes les stratégies SEO qui vous passent sous la main. Il y a 1000 choses à faire sur un site afin de mettre en avant sa valeur intrinsèque avant d’y coller un cocon qui souvent sera comme un greffon : pas vraiment à sa place.

Mais non ! Certains cocoonistes sont monomaniaques, tellement épais et imperméables au concept même d’optimisation du site original qu’ils en oublient même de regarder ce qui va ou pas avec le site. Ils vont coller un cocon, coûte que coûte, et si c’est en dépit du bon sens et bien c’est pas grave ça fera l’affaire quand même.

  • Le site est incrawlable ou inindexable >> Cocon
  • DUST >> Cocon
  • Temps de chargement de 30 secondes par page >> c’pas grave on va faire un cocon.

On en vient à voir des recommandations ubuesques du type.

Un égo et un chauvinisme mal placé

Alors là! Là on va toucher un truc qui me gonfle avec les cocoonistes pratiquant…

Ils sont tellement convaincus d’avoir trouvé le graal, les pélos, qu’ils touchent plus terre. Et c’est pour ça d’ailleurs qu’ils nous le collent à toutes les sauces le machin. Ils sont élus et si par hasard tu n’es pas du même avis, ou si tu relèves une des limites de leur truc… Bah, c’est que tu n’as rien compris au Cocon et c’est tout.

Oh et puis LEUR Cocon ! Il n’est pas pareil LEUR cocon. Il est mieux. Il est à des années lumières en avance sur notre temps LEUR cocon. C’est pour ça qu’ils ne font jamais (ou rarement) péter d’exemple concret du machin.

Parce qu’il faut les voirs les pages des cocons… Souvent on se rapproche qd même beaucoup plus des pages type « Serrurier Paris » que d’autres choses.

Aussi le fameux Cocorico ! C’est nous qu’on a inventé le cocon et les Américains ils ne savent pas faire, d’ailleurs ils ne connaissent même pas ! Et vous allez voir je vais faire une chaine Youtube en Anglais pour leur expliquer le « Topical Mesh » aux ricains !

Rien que ça ! Et sans trembler des genoux encore… Autant je veux bien croire que le niveau des ricains quelquefois… il ne casse pas trois pattes à un canard… autant pour le coup… Faudrait arrêter de les prendre pour des tanches ineptes les pélos.

Je vous invite d’ailleurs vivement à chercher et écouter les conférences de Nadya khoja – notamment une « Growth by content : driving traffic without big budget ». Vous verrez, ça va vous rappeler 2 ou 3 trucs.

Je vous invite aussi à rechercher les confs de Ross Simmonds sur l’identification et le choix des contenus. La aussi ça vous rappellera des trucs … meta-mots, intention client tout ça…

Vous pouvez faire une petite recherche Google sur « TOPIC CLUSTER » – Oh mais dites moi donc! ca ressemble beaucoup hein! C’est comme si y’avait pas besoin d’inventer des mots comme « Taupical Mayche » tout ça???

Le nivellement du web par le bas

Malheureusement tous les cocons ne se valent pas.

Quand un prestataire se vante d’être passé devant certains gros concurrents de son client sur un mot clé comme « Censuré » pour un budget Cocon de 3000€. On va se douter un peu que les 43 pages filles et les pavés en bas des pages mères ne vont pas être écrits par la fine fleur de l’académie française.

3000€ – Admettons que le pélo marge a 30% ça laisse 2000€ de frais de production – 44€ la page. Et puis avec des taros pareils, s’il veut survivre le gars, il faut les produire au kilomètre les cocons du genre. Rien que sur les chiffres sur lesquels il se touche en public le gars et toujours en comptant 30% de marge, ça veut dire qu’il a pondu / fait pondre au bas mot dans les 3000 pages de caca + les spins…

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Et ça marche ! Le(s) site(s) il(s) rank(ent), et même plutôt bien. Faut dire avec 113 occurrences du mots clé (dont 72 exactes) dans la page mère hein… tenez jetez un œil en dessous – c’est le texte SEO bas de la page mère – pensez bien qu’au-dessus il y a encore toute une page catégorie de produit hein – 1900 mots  le machin! 1900!!! (plus que cet article !). Vous voyez les points jaunes – Et bah c’est le mot clé ! C’est beau n’est-il pas ? J’en suis tout emotionné…

Le pire du pire là-dedans, et je vais me faire mal tellement je vais être tout à fait honnête, c’est que les pages moisies du cocon à 3K euros de mon exemple, ça ne craque même pas le top 10 des cocons les plus merdiques que j’ai pu voir en ligne! Woulla! C’est presque de la « qualitaye »… Presque!

C’est dire si la barre est haute. Et il y a des mecs qui vous vendent ça comme ce qu’il se fait de mieux en SEO sur la planète ! Soi-disant inattaquable ! Alors qu’en fait c’est paye ta footprint de diplodocus ! Et je ne vais même pas aborder le fameux combo gagnant « Cocon + PBN » sinon faudra que je tape dans une glotte pour me détendre.

Si un jour GG décide de faire le ménage dans le bordel, j’en connais un paquet qui vont venir pleurer leurs mamans sur twitter.

En conclusion

Le concept de cocon sémantique marche, ce n’est ni nouveau, ni révolutionnaire. Juste ce serait pas mal que les cocoonistes pratiquants se mettent un peu a faire du SEO – pas uniquement du cocon et surtout si ils pouvaient être plus raffinés et élégants dans leurs mise en place desdits cocons et dans leur approche du métier en général. Et vous qu’est ce que vous en pensez du cocon ?

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7 thoughts on “C’est quoi mon problème avec le Cocon

  1. Yann

    Hé mais on dirait bien que tu t’es calé un petit calendrier éditorial de derrière les fagots ^^ Ces SEO qui reprennent du service (dernièrement RDDZ) c’est toujours une agréable surprise. D’ici à ce que tout le monde rebranche les commentaires, avec les liens normaux (follow quoi), et on sera bien bien bien 🙂
    Bon, maintenant sur le fond de ce billet : le cocon. A chaque situation son cocon. Et ça c’est sûr que c’est pas nouveau en SEO. Sur des théma pas ou peu concurrentielles, je suis sûr que l’exemple « bourrin » que tu prends peut faire le job. Sur des secteurs plus touchy, il va falloir la jouer fine et partir sur des sites déjà bien trustés, avec un maillage un peu intelligent et poussés par un netlinking externe de qualitay. Le tout saupoudré de réseaux sociaux (signaux variés, toussa) et servi avec une stratégie éditoriale bien ficelée. Bref, faire du SEO quoi.

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    1. Julien Post author

      Salut Yann,

      C’est possible et comme je dit dans l’article des cocons j’en ai vu beaucoup, j’en ai vu un ou 2 tip top, j’en ai vu quelques moyens et j’en ai vu un paquet de bien moisis. Apres je garde mon point de vue sur un point tous les cocons memes les vraiment avaient une grosse footprint SEO. Je veux dire tu vois les pages, tu sais qu’elles sont pour le SEO direct – pas forcément aussi abusées que dans mon exemple mais ca se voit clairement.

      En ce qui concerne les liens… la encore … je sais pas si je vais bientot faire un article la dessus ou pas… mais ca me démange. parce que la aussi on a une belle branche de cultistes.

      Quoiqu’il en soit – le site de mon exemple – en plus d’avoir une mega footprint SEO au niveau « onsite » a un profil de liens qu’on qualifiera de tres tres tres moyen on va dire, avec une grosse grosse part de liens plus que probablement en provenance de plateformes d’achats de liens.

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  2. Pierrick

    Pour moi, le cocon sémantique n’est pas corrélé avec le travail SEO on-page au sens footprint comme tu le désignes.

    Dans le sens où un cocon sémantique ne t’oblige pas à mettre 80 fois le même mot-clé.

    Cela dit, je te rejoins, le cocon sémantique désigne des choses que tout le monde faisait plus ou moins déjà.

    Bon après, je ne suis pas du milieu, j’apprécie autant tes articles que Laurent avec son cocon. Sans ironie. Il y a du bon partout.
    Et pour finir mon commentaire décousu écrit depuis un smartphone (mais pas aux chiottes, promis), aujourd’hui, le mal du SEO, c’est ces pages de merde qui puent le SEO, les MFA sont sans aucune subtilité, ça dégueule la mauvaise qualité. Mais à quoi bon ? Si Google a décidé de te placer premier avec une bouse, le responsable n’est plus le SEO. Quand tu observes une niche, c’est quand même la loose, zéro éthique, zéro humanité, on te coule de la merde, du blabla à rallonge sur des produits que tu n’as jamais utilisé de ta vie. Youpi :p

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    1. Julien Post author

      Salut Pierrick,

      on est d’accord qu’il y a du bon partout (sauf chez Laurent faut pas deconner).
      Si tu as un exemple de Cocon qui ne sent pas le SEO tes fort je suis preneur – parce que meme ceux que j’ai vu fait pas des tueurs a gage de la discipline avait de forte « densité de mot clé ». plus raffiné certe que celui de mon exemple mais on va dire poussé qd meme.

      Les niches c’est le combo MFA + Cocon + PBN. C’est un gage de qualitaye!

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  3. Julien

    Je crois qu’aujourd’hui pour beaucoup de monde, c’est : » si ta pas ton cocon sémantique à 20 ans, c’est que tu as raté ta vie de SEO » . C’est toujours le problème, beaucoup de monde copie et applique bêtement las choses sans forcément chercher à comprendre. Rappelez-vous les vieux SEO des sites de « communiqué de presse » l’idée était bonne et puis c’est très vite partie en c….
    Bref tout ça pour dire que un bon SEO c’est quelqu’un qui utilise son cerveau

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  4. Yann

    Bien d’accord sur le footprint SEO, mais en fait tu n’en as même plus besoin pour cataloguer un site – aujourd’hui en 2021.
    Quand tu vois dans la Serp des sites comparateurs, des sites guides et autres genre conseils bricolage, tu sais direct que tu as 80% de chance de trouver du cocon derrière.

    Après ça devient machinal avec ce qu’on a constaté depuis quelques années pour les sites qui se sont engouffrés dans la tendance comme futura science ou bfmtv qui ressortent sur des références de produits blancs ou bruns.

    Est-ce que c’est légitime ? est-ce que l’internaute va naturellement aller sur bfm pour consulter un guide d’achat avant d’aller commander son lave-linge ?

    C’est une autre question (éthique) mais on ne peut pas nier qu’il y a un travail monstrueux derrière par rapport à un cocon « de base », et que ça fait le taf : je vais sur bfm je lis le guide, le comparatif, les FAQ, je regarde les vidéos etc je repars avec ma réponse. Et pourtant, c’est clair que c’est un footprint énorme, car tout y est : texte, images, vidéos, tableaux récap., recherches associées, faqs, liens vers sites de référence, avis … il y a même la mention d’affiliation « (…) est susceptible de percevoir une rémunération lorsqu’un de nos lecteurs procède à un achat via ce comparatif »

    Bref, le cocon est partout ou presque ^^

    Et donc logiquement l’éco-système s’est construit et adapté autour : outils lexicaux voire sémantiques, plugin de génération de cocon pour WordPress, formations… business as usual.

    Mais je comprends tout à fait on énervement : Le cocon n’est pas la réponse à tous les cas, les besoins, les maux. Et ce n’est pas non plus facile à faire simplement parce qu’il y a plein d’outils, tout comme ça ne garantit en rien que tu vas ranker comme un boss easy peasy.

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