Je vais probablement passer pour un vieux con aigri.
Et vous savez quoi ? Je m’en bats les steaks.
Parce qu’il y a un moment où, quand tu passes assez de temps sur LinkedIn, ton cerveau commence à fondre comme un vieux camembert oublié sur un radiateur.
À la base, tu viens pour suivre un peu l’actu du SEO, voir des tests intéressants, des analyses, échanger avec des gens du métier…
Et au final tu te retrouves à lire : des « ninja growth hackers » en lunettes de soleil ;des prophètes de l’IA qui annoncent la mort de Google tous les trois jours ; des mecs qui « scalent des business à 7 chiffres » alors qu’ils vendent des templates wordpress, et des posts inspirants écrits comme des fanfictions entre LinkedIn, BFM Business et un TEDx organisé dans une salle des fêtes à Châteauroux.
Le pire ?
C’est même pas le bullshit en lui-même. Le pire, c’est le troupeau de demeurés qui applaudit derrière avec des « Tellement vrai 👏 » et des « Merci pour cette pépite 🚀 ».
Alors histoire de purger un peu tout ça, voici une petite liste de mes pet peeves dans la commu SEO / LinkedIn.
Et je sens déjà que certains vont se reconnaître.
Les intitulés de poste fantaisistes
Les « dompteurs de SERP », « magiciens du web » et autres « SEO Gurus ».
Alors quand le SEO était « jeune », à la limite, on pouvait comprendre la démarche : les gens ne savaient pas ce qu’on faisait et c’était fun. De nos jours, où le SEO est plutôt bien intégré dans les services d’agences multimédias et les équipes in-house, coller ce genre de truc, ça fait has-been.
Moi, je suis Stratège SEO Senior. Basta !
Après, on peut éventuellement discuter de trucs du style « award-winning », « primé » ou « vainqueur de… » si c’est le cas. Mais les intitulés de job « à la con », faut arrêter : vous êtes juste des SEO. Ni plus, ni moins… Mais surtout ni plus.
Les intitulés de poste qui ont besoin d’une explication de texte
« J’aide les entrepreneurs à créer un safe space sur leur site web. »
Les gens n’ont plus besoin d’explication de texte quand ils cherchent des référenceurs. Surtout qu’en général, les gens vont en profiter pour essayer de se singulariser du reste de la meute avec une phrase bien moisie qu’ils auront pondue après avoir vu un podcast de Simon Sinek sur le « why », et vont en profiter pour envoyer un truc encore plus flou que leur intitulé de job moisi d’avant.
Les intitulés de poste avec des p*tains d’emojis !
Non mais je ne vais pas insister sur les emojis, sinon je vais devoir taper dans une glotte.
Les gens qui ont un peu trop le « bon » mindset
En général, le genre d’âneries qu’on trouve derrière un intitulé moisi et dans lequel on va aussi trouver un emoji ou deux. Parce que souvent, les gens qui font ça, ils cumulent !
Vous travaillez dans le marketing, les gens ! Pas besoin de me dire que votre boulot, c’est de m’aider à « gagner du Ca$h », « faire du fric », « engendrer de la moula » ou encore « palper du brouzouf ».
Au contraire, les gens qui utilisent ce genre de vocabulaire, ça devrait faire fuir le prospect quelque chose de pas mal !
Les photos de profil « trop » brandées
Alors, on est sur LinkedIn : faut avoir l’air un peu pro, et je veux bien qu’on pousse le bouchon un peu. Mais il faut savoir doser un chouïa.
Il y a un moment où les accessoires genre couronnes sur la tête, lunettes de soleil, chapeaux de toutes les couleurs, nœuds pap’, et autres headphones posés dans n’importe quelles positions sur le crâne, associés à des poses de boxeur, la bouche en canard ou les gang signs avec les doigts dans une image lissée via ChatGPT… il vaut mieux éviter.

Les mecs « aware »
Alors eux… c’est une catégorie à part. Surtout pour moi qui suis expatrie en pays anglophone depuis 23 ans. 23 as que je suis parti et je colle moins de terme aware que ces clowns dans mes convos.
Les mecs ne parlent plus français. Ils parlent une espèce de dialecte LinkedIn corporate mutant où chaque phrase ressemble à un workshop RH organisé dans un espace de coworking avec des poufs jaunes et du kombucha tiède.
Ils ne prennent plus des rendez-vous, ils « onboardent des stakeholders pour aligner les synergies business pour builder une stratégie data-driven orientée sur le scaling du business ». Ils ne réfléchissent plus. Ils « challengeent des process dans une logique de growth ».
À un moment donné, faut se calmer Gérard de Neuilly. Tu fais du SEO pour un plombier à Limoges, pas une fusion acquisition chez Goldman Sachs.
Parce qu’au final, derrière les « touchpoints », les « insights », les « frameworks » et les « quick wins », le mec t’explique juste qu’il a changé un title et rajouté trois FAQ sur une page catégorie.
Mais attention hein… en mode agile.

Les posts hyperboliques sa maman
Ah mais p’tain, comment ça a le don de me coller les chocoboules, ce genre de trucs.
Les mecs qui arrivent avec des affirmations énormes du genre :
- « L’ère du clic est révolue »,
- « On génère plus de clics depuis les LLM que depuis Google »
ou encore :
- « OpenAI lance le CPC : l’exécution publique de Google commence. »
Et tout ça juste pour le reach.
Dès que tu les confrontes un peu dans les commentaires, ça se rétracte plus vite que leur ombre.
Détendez-vous du slip, les mecs. On a compris que l’IA allait changer les choses, pas la peine de sortir vos gros sabots.
Il y aurait moyen de faire des articles tout aussi intéressants — et qui auraient tout autant de reach — juste avec une approche différente sur le même sujet. Surtout en ce moment où on peut lire tout et n’importe quoi sur l’IA.
i.e. :
- « La montée en puissance de l’IA mettra-t-elle fin à l’ère du clic ? »
- « OpenAI lance le CPC : que pensez-vous de cette nouvelle feature ? »
Les posts qui contiennent des grosses âneries
Alors je ne veux pas balancer, mais quand une personnalité du SEO (LA personnalité du SEO avec le plus de reach — et non, ce n’est pas toi Laurent) balance, je cite :
« Google a changé les règles du SEO. Et 90 % des sites vont foncer droit dans le mur.
…
Pendant que certains continuent avec leurs vieilles techniques, Google évolue, teste, ajuste. »
Et que derrière, une des « vieilles techniques », c’est « texte blanc sur fond blanc » ou « blocs de texte invisibles », j’ai juste envie de m’ouvrir le crâne contre un mur à angle droit.
Au passage, dans les commentaires, cette personnalité du SEO affirme qu’elle voit du texte blanc sur fond blanc dans 50 % de ses audits SEO.

Bienvenue en 2004, les amis !!
Même quand j’ai commencé le SEO, les feintes à la mord-moi-le-nœud basées sur les couleurs ou la taille du texte (1 px) ne se faisaient plus. Et je parle de ça, c’était à l’apogée de la page satellite !
Alors on va faire un truc : si vous avez des sites en audit, legit, avec du texte blanc sur blanc (ou à 1 px de taille), honnêtement, mettez-les en commentaires.
Les stats au doigt mouillé
90 % des sites vont dans le mur suite aux updates Google.
50 % des sites que j’audite ont du texte blanc sur fond blanc.
99 % des gens n’utilisent pas la GSC.
Et 42 % des SEO sortent des stats de leur fion.
Les médiocres qui opinent du chef quand ils lisent des grosses âneries
Parce que LinkedIn est une plateforme de bisounours où on se congratule dans un énorme circle jerk, on verra sous les posts moisis des commentaires tout aussi mauvais qui montrent à quel point la communauté SEO et web dans son ensemble va dans le mur.
Ainsi, on peut voir le niveau général de l’information partagée dans les posts plonger à des profondeurs abyssales sous les « bravo », « top article » et autres emojis en forme de cœur.

Les posts « NAWAK »
Alors les posts NAWAK, ça regroupe les articles faussement inspirants, ceux qui parlent d’épiphanies ou encore ceux qui tentent de faire passer des échecs pour des réussites.
Le truc, tu le survoles et tu te dis que tu as perdu du temps de ta vie. Du temps que tu ne récupéreras jamais parce que l’article, il est juste pourri.
Un vrai exemple :
« J’ai couru 21 km dimanche matin. Et j’ai eu une révélation sur le SEO au km 14. »
Euh… OK.
Ou bien :
« J’avais 3 boîtes, j’en ai fermé 2 (pas parce que je ne faisais pas de blé, mais parce que j’ai découvert le sens de la vie, la vraie)…
Fermer une boîte, ce n’est pas un échec. Du moment que tu n’arrêtes pas de poursuivre ton rêve. »
Bref…

Et vous c’est qui vos pet peeves sur LinkedIn?

