Faut-il publier votre blog d’entreprise en plusieurs langues?

CHARRUE-BOEUFS
Critique de l’article de Cedric P. 

Pour ceux qui me connaissent un peu et qui suivent le muscle, vous devez savoir que le référencement international, et le marketing international dans son ensemble, depuis que je suis expatrié, « c’est mon dada ». Pire j’aime à penser, compte tenu des sites que j’ai sous la ceinture, que je sais un peu de quoi je parle. Du coup lorsque je vois Cedric Peillet, qui pourtant à un profil « crédible », devenir le sous-fifre (à partir de 27 posts on peut dire sous-fifre ?) du « Marketeux François » et balancer, sur le blog du vendeur de pelles susnommé,  des inepties qui ferait passer la famille Karadashian pour les inventeurs de la théorie sur la relativité générale ca a un peu tendance à me donner envie de lui coller la tête bien profond dans son propre caca jusqu’à ce que sa bêtise (ou la honte) l’étouffe.  Ce que je vais faire avec un plaisirs non dissimulé dans les lignes suivantes.

Le titre: « Faut-il publier votre blog d’entreprise en plusieurs langues? »

Même pas le temps de se mettre en chauffe ! D’entrée de jeu le mec nous balance une conner*e ! D’entrée !

Pourquoi le blog ? Si vous avez envie, et avant tout (on y reviendra plus tard) si vous avez les capacités de vous lancer à l’international le blog de votre d’entreprise c’est a priori la dernière chose que vous devez traiter ! Là ! L’ami Cédric vient clairement de mettre la charrue avant les bœufs – parce qu’en admettant que ça marche votre blog « international » vous allez en faire quoi des prospects ? Ils vont aller où ? ils vont chopper de l’info sur votre blog – essayer d’aller sur votre site – voir qu’ils est pas dans leur langue et aller voir les concurrent !  Si vous avez un blog d’entreprise c’est que vous avez un site d’entreprise –  et si vous avez 2 doigts de jugeote vous allez devoir commencer par « traduire / adapter » VOTRE SITE !  PAS VOTRE BLOG !

1ere section

1er paragraphe :

« Avez-vous déjà pensé bla bla bla… Cette solution peut s’avérer coûteuse à première vue… bla bla bla…Voici donc quelques idées, pouvant vous permettre de réaliser si vous disposez de ce besoin ou non. »

Cette solution peut s’avérer couteuse à première vue ??? Non , non, non, non… Cette solution va s’avérer coûteuse et pas qu’à première vue à moins que vous ayez du temps et que vous soyez bilingue dans la langue dans laquelle vous allez publier votre blog. On est ou la dans le monde des bisounours? Ils ont la tête de quelqu’un qui se fait pas payer les rédacteurs web que vous allez engager pour écrire vos posts dans une langue étrangère ? De plus un « blog » ça se maintien dans le temps, ce n’est pas statique. Il va donc falloir faire des investissements pour écrire, régulièrement qualitativement et dans le temps… et tout cela a un cout !

 « Pour commencer, vous devez analyser très clairement la nationalité de vos clients. »

Alors ça pourrait avoir l’air intelligent mais en fait … non ! La situation n’a rien à voir avec l’intention. Je peux très bien n’avoir que des clients français et vouloir quand même m’attaquer au marché international pour diverses raisons. Ce n’est donc pas en uniquement en analysant la nationalité de mes clients que je dois prendre une décision.

Ensuite il ne faut pas « COMMENCER » par cela. Pour commencer vous devez analyser vos capacités à vendre vos services ou vos produits a une clientèle internationale ou à une clientèle qui ne parle pas le même langage (ce qui n’est pas la même chose – les canadiens et les belges comprendront – mais là aussi on y reviendra).

Est-ce que vous en avez le droit ? Est-ce que vous pouvez être payé dans une autre monnaie que la vôtre ? (et est-ce que ça vaut le coup ? compte tenu des taux de change ? des frais optionnels ?) Est-ce que vous pouvez tout simplement assurer votre service dans une autre langue. Quid du service après-vente ? Qui des Factures ? Quid des conditions générales de vente ? Si vous vendez en ligne quid des emails transactionnels ? Dois-je faire payer en Euro ou dans la monnaie du client ? Et cætera et cætera et cætera … et j’en passe une double tripotée!

La première question à se poser avant d’analyser quoi que ce soit : Est-ce que vous allez pouvoir communiquer avec les prospects étrangers ?!? Soit vous soit un membre de votre équipe.

Et pour cela je vais prendre un exemple concret : Quand je suis arrivé à Londres, je croyais que je parlais bien anglais… je croyais… et puis j’ai parlé a un anglais, j’ai pris une double patate à mon égo et je suis parti prendre des cours… et cela m’a mis je dirais 6 à 8 mois avant d’être opérationnel en anglais. Encore maintenant quand je vois des vieux articles que j’ai écrit quand je suis arrivé au Texas (soit après 3 ans de vie en Angleterre a plein temps) je me mettrais des grosses quiches tellement l’anglais y est mauvais par moment.

Je vous laisse imaginer pour le petit entrepreneur qui vit en France… être opérationnel dans une autre langue qui lui est possiblement inconnue ça peut prendre looooongtemps (et je ne parle pas de bilinguisme ni même d’être « courant » je parle d’avoir les bases minimum pour comprendre ce que va vous dire un de vos clients / prospect au téléphone par exemple).

« Il arrive très régulièrement qu’une PME française dispose de clients Canadiens, Suisses ou Belges. Dans ces trois pays, le français est l’une des langues parlées mais pas l’unique. Appuyez-vous sur ces premiers clients étrangers pour développer votre part de marché dans leurs pays d’origine. Un blog en anglais ou allemand, pourrait donc s’avérer particulièrement intéressant pour cibler les pays cités. »

Alors ça aussi, vu de loin ça a l’air intelligent mais en fait … Non ! Ça aussi c’est une conner*e. Déjà parce que si vous avez des clients francophones dans un pays donné, ça ne veut pas dire que vous pourrez dealer avec les clients non-francophones du même pays (voir paragraphe précèdent) ! Ensuite ceux qui ont vécu au Canada (comme moi par exemple), ou en Belgique sait que la différence culturelle ente les francophones et les non-francophones est plus importante qu’il n’y parait vue de France.  Du coup avoir des clients francophones dans ce pays risque de ne pas vous aider … bien au contraire !

Prenons un exemple parlant – un poil exagéré mais à peine : Le PSG a possiblement quelques fans éparpillé ca et la dans la région PACA. Cela veut-il dire que le PSG devrait monter un blog à destination des marseillais pour y chopper du fan ??? Croyez-moi les tensions « ethniques » entre les francophones et les non-francophones de certains pays (notamment le Canada et la Belgique) sont beaucoup plus exacerbées que ce qu’il y parait.

Ooops j’allais oublier – Pensez aussi à tous ces entrepreneurs canadiens / belges / suisses qui vivent depuis toujours dans un pays multilingue. Croyez-vous vraiment qu’ils n’ont jusque-là jamais pensé à courtiser les internautes de l’autre langue de leur contrée natale ?

« Vous serez en mesure d’attirer un nombre plus important de clients potentiels et votre ouverture sur le marché en question sera enfin clairement visible. Les clients flamands et wallons sont avant tout des belges, vous devez donc adopter une attitude globale pour entrer sur le marché de ce pays. Démontrez la capacité de votre entreprise à travailler dans une autre langue. Il s’agit d’une étape indispensable pour soutenir une croissance à l’international ! »

Les clients flamands et wallons sont avant tout des belges ? Vraiment ? Alors je vis loin, je ne suis possiblement pas tout à fait au fait des news en Belgique mais de ce que je peux voir de chez moi il ne me semble pas que les Flamands et les Wallons soient avant tout belges.  Et vous pouvez me croire sur parole par contre quand je vous dis que les québécois ne sont pas canadiens avant tout.  (En 1995 le Québec est passé à 0.7% – 49,4% Vs. 50.58% – de se séparer du reste du Canada) les histoires de référendum pour un Québec indépendant étant une question qui revient sur le tapis régulièrement.

2eme section  « Un contenu réécrit et non traduit »

Alors là pour le coup je ne peux pas lui donner tort au garçon. Effectivement – si vous décidez de vous lancer à l’international, mieux vaut miser sur une « adaptation » des textes de votre SITE (et pas de votre blog – je ne le répèterai jamais assez) plutôt qu’une traduction, et a fortiori si cette traduction est faite via un outil tel que Google Translate.

Un seul bémol dans cette section mais de taille:

« Vous apparaitrez ainsi réellement comme une entreprise travaillant dans les deux langues. » 

Quand on se lance dans le business international – Il ne faut pas « apparaitre » comme une entreprise qui travaille dans les 2 langues – il faut « ETRE » une entreprise qui travaille dans les 2 langues.  Si votre entreprise « apparait » comme une boite qui travaille dans les 2 langues uniquement, vous allez droit au casse-pipe.

3eme section – « S’ouvrir à de nouveaux marchés grâce à un blog »

La troisième section de cet article est juste un ramassis de clichés plus éculé les uns que les autres, qui visent uniquement à justifier l’existence même de l’article. Alors comme l’article est déjà un peu long on va les passer en revue rapidement :

« Trouver un nouveau client est souvent une démarche longue et coûteuse. »

Wow ! Sans déconner!  Moi je croyais qu’avec la méthode de Sébastien les clients viendraient à moi par paquet de 100 pendant que je me la coule douce au bord de la mer des caraïbes ?

« Mais dans un grand nombre de secteurs d’activités, le terrain de chasse est réduit et les opportunités manquent. Alors à vous d’aller chercher les clients, là où ils se trouvent. C’est à dire, à l’étranger ! »

Tout le monde le sait l’herbe est toujours plus verte de l’autre côté! C’est saturé en France, qu’importe ! Votre marché est surement vierge de toute concurrence à l’étranger. Pensez-donc ces étrangers, ils ne savent pas comment faire du blé ! C’est truffe un étranger ! Ce n’est pas foutu de reconnaitre une niche profitable ! Jetez-vous dans le grand bain sans filet, claquez donc votre pognon pour attirer des clients que vous ne pourrez peut être pas traiter.

« Les français ne sont pas doués pour les langues étrangères, c’est un fait. Mais des solutions existent si vous n’êtes pas assez confiant pour réaliser cette démarche par vous-même. Leretour sur investissement d’une campagne de prospection à l’étranger peut être nettement supérieur à celui suivant la même démarche en France. »

Les français ne sont pas doués pour les langues étrangères, je confirme, et si vous faites partie de cette catégorie de français non « étranger-ophone » je vous conseille vivement de rester sur un terrain que vous connaissez. Et si vous n’êtes pas assez confiant pour vous lancer dans une démarche de marketing international, je vous conseille aussi vivement de ne pas vous lancer… Euh du tout car le peu d’argent que vous y ferez (si vous en faites) passera dans les paiements des frais des « solutions qui existent » pour compenser le fait que vous ne parlez pas l’étranger. Se lancer dans une autre langue on peut le faire ou on ne peut pas le faire – cela ne s’improvise pas !

« Disposer d’un blog multilingue consiste simplement à étendre votre filet. Cela peut s’avérer accessoire dans certains cas mais cela peut également représenter uneopportunité de croissance unique. La mondialisation touche l’ensemble des secteurs d’activités et les grands groupes n’en n’ont pas le monopole. Pour rester compétitif, il vous faudra tôt ou tard évoluer. À vous de trouver la porte de sortie ! »

Disposer d’un blog multilingue sans ce qui devrait aller avec (services/produits, moyens de paiement, service au client, site etc…) ça ne sert absolument a rien à part vous la jouer auprès des autres français. Et non la mondialisation ne touche pas l’ensemble des secteurs d’activité loin de là.  Cette mondialisation possible pour tous n’est qu’une utopie qui a été lancée au début de l’internet. Il ne faut surtout pas croire que vous – petit producteur de jambon, miel, saucisson ou petit prestataire de service vous allez pouvoir devenir riche juste en lançant un blog dans une autre langue CE N’EST PAS VRAI !

En conclusion, Si un jour vous pensez à lancer votre business dans le grand bain  et à vendre vos services / produits ailleurs qu’en France. Je vous y encourage mais par pitié faites un minimum vos devoirs et commencez avant tout par une sérieuse introspection pour voir si vous avez les capacités de vous vendre à l’étranger dans un premier temps et si la réponse à cette question est « oui » je vous conseille, que dis-je, je vous supplie ! De faire une simple étude de marché pour voir si les étrangers auraient un intérêt à être vos clients.  Ensuite et seulement ensuite si tous les signaux sont au vert lancez-vous !

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10 thoughts on “Faut-il publier votre blog d’entreprise en plusieurs langues?

  1. Sylvain

    De mon côté je me tate pour ouvrir un blog en langues des signes après avoir lu l’article. Ou en Klingon peut-être…

    Bref, comme tu dis, la trad je n’y crois pas une seconde.

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  2. Rodrigue

    @Sylvain : il va vendre quoi ton site en Klingon ? Tu sais que je suis un gros fan.

    Merci pour ce billet piquant. Le pauvre à défend d’en vendre il vient de se prendre une belle pelle dans la gue*le.

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    1. Julien Post author

      @Sylvain et @Rodrigue

      A penser le blog en Klingon… petite niche mais tres active –

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  3. Mathieu

    Yo !
    Super interessant, et pile poil dans une problematique qui commence a etre la mienne ces derniers temps.
    D’abord, je voulais confirmer un truc, mais le mitiger. J’ai une bonne culture en anglais, je tiens la discussion tranquille avec un anglophone (parfois du mal avec certains accents, il y en a quand meme avec qui je n’entrave rien du tout), et je suis d’accord sur le fait que ca ne suffise pas pour s’improviser redacteur et assurer soi meme les traductions, car traduire, c’est un metier pour de vrai. Mais pour le commercial et les discussions techniques (toujours en anglais), un bon niveau de base « non bilingue » peut suffire pour se lancer: si on a confiance, on trouve vite les habitudes pour combler ses lacunes au quotidien. D’autant plus en anglais business ou nombre de contacts ne parlent l’anglais qu’en seconde langue. Apres, ca, c’est pour la pme visant l’international en anglais, pour le corporate, on met les moyens, et on doit mettre en face des clients des gens qui parlent vraiment leur langue.
    Deuxieme point a mitiger: dans certains business, l’international n’est pas un choix. Je m’occupe ou me suis occupé de campings sur la cote d’azur, de locations en dordogne et dans l’ile de re, d’un festival jazz au nord ouest de la france, et ce sont des pme qui ne tourneraient pas dans une seule langue.
    Un autre point que je voulais soulever: au dela des problemes administratifs, juridiques et de change lies au developpement international (l’euroland lisse quand meme bien ces pb si on a pas un objectif mondial et c’est deja un beau terrain de jeu) il y a un detail concret qui a fait reculer notre agence quand on a commence a avoir des clients a l’etranger, c’est le recouvrement. Si on a pas le volume suffisant pour qu’un organisme de recouvrement etranger s’occupe serieusement de tes dossiers, un client qui te doit quelques k d’€ et qui te dit, ben non je ne paye pas, tu peux t’assoir dessus.

    Bon, j’arrete la, c’est trop penible de tapoter sur un ipad, et la case de saisie est trop petite, je n’arrive meme pas a me relire pour savoir si je dis des conneries.

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  4. Stephane 4h18

    @Sylvain, j’ai fais seconde langue Klingon si tu as besoin 😀

    Putain, patron, la case « s’abonner » aux commentaires… tu veux un tuto ? #Merci

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  5. Julien Post author

    Sur une base de pur service et notamment quand on parle avec dont ce n’est pas la première langue un bon niveau peut être suffisant (même si tu le souligne toi-même de temps en temps tu ne vas pas comprendre – le problème avec l’article que je critique c’est qu’on s’adresse a des gens dont ce sera la 1ere langue et qu’on leur proposera un service – la situation est différente – il va falloir faire face et de bonnes bases ne seront plus suffisante.
    Sur le point des campings et autres festivals – justement pour ces gens il est nécessaire de faire dans du multilingue – soit – mais je doute qu’ils y partent à l’arrache – m’est avis que les gens qui travaillent dans ces campings sont au courant qu’ils vont avoir à faire a des étrangers – dans ce cas ils se lancent effectivement dans l’international mais avec de bonnes raisons et souvent ils auront la « logistique » qui va avec au niveau de la communication avec les clients.
    Enfin le dernier problème que tu soulèves irait plutôt dans mon sens – effectivement (et je peux confirmer compte tenu de ma relation avec les banques) – en cas de non-paiement tes créditeurs étrangers tu n’as aucun recours juridique pour les faire payer – et tu eux donc t’asseoir sur tes éventuels revenus

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  6. Mathieu

    Ah mais on est d’accord sur le fond: l’international ne s’improvise pas. Mes remarques se voulaient juste des ajustements sur ce que tu disais, pas des critiques.

    Sinon, saviez vous qu’il y avait un google en klingon ?
    https://www.google.fr/?hl=xx-klingon
    Je crois me souvenir qu’ils ne connaissent pas le rasoir, il y a un marché !

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  7. Patrice

    De notre coté nous avons opté pour un deuxieme site dans la langue de shakespeare, car nous pensons toujours qu’un site peut se faire dégager par google du jour au lendemain, cela divise donc les risques par 2… De plus traduire un blog francais vers l’anglais n’a pas toujours de sens, les coutumes locales étant bien souvent différentes, il est probablement préférable d’écrire de l’information unique pour le résident du pays visé.

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