Préface :
Pour cet article, je vais demander aux gens de bien vouloir pardonner d’avance le fait qu’il va être un peu bordélique parce que ça fait un moment qu’il est dans le pipeline le truc et pour tout avouer j’ai eu pas mal de difficultés à organiser mes idées autour de l’article et les formats que j’ai tenté de mettre en place ne collaient pas dans la mesure ou c’est une sorte de constat que moi et d’autres faisons sur l’état calamiteux de la communication actuelle en termes de SEO (pour ne pas dire d’une partie de la communauté SEO communicante).
Le constat
Pour ceux qui suivent le blog, vous ave pu constater que ça fait déjà un bon moment, je dirais aux alentours de 2021, que j’ai un vrai problème avec la façon de communiquer de la « nouvelle génération » de référenceurs. Mais l’idée de cet article a véritablement commencer à prendre forme lorsque j’ai lu un post de Didier Sampaolo sur la difficulté croissante qu’il a pour trouver des articles pour la NewsLetter de Soumettre.
Post de didier « Le naufrage du contenu SEO »
Et le moins qu’on puisse dire c’est que ben… Il n’a pas vraiment tort. En fait, depuis quelques années, on a assisté à une sorte de shift dans la façon de communiquer de la communauté SEO. Un shift sur le fond, et un shift sur la forme. Et je la vois déjà venir la vague de merde qui va me tombe dessus mais je m’en cogne parce que les faits parlent pour moi.
Sur la forme :
L’ancienne génération promouvait ses services et ses connaissances via Blog + Twitter + forums. On prenait le temps de réfléchir avant de poser des articles et surtout, on prenait le temps de répondre aux commentaires qui n’étaient pas forcément positifs ou n’allaient pas forcément dans notre sens. Et il n’était pas rare de voir des débats d’idées (et des engueulades) dans les commentaires de nos blogs respectifs et/ou par blog interposés. Les discussions étaient franches (parfois trop) et ouvertes. Et en général, la critique de ses idées était acceptée et débattue – Alors ça ne veut pas forcément dire qu’on avait tous l’honnêteté intellectuelle d’admettre qu’on avait tort (ou pas) mais au moins on avait le courage de nos convictions et on n’hésitait pas à les défendre.
La nouvelle génération, elle arrive dans un contexte déjà plus … stable, on va dire. Et surtout elle est passée du format blog, écrit, à des formats plus courts, plus rapides, plus faciles à consommer. Je ne dis pas forcément plus facile à faire, mais définitivement plus facile à digérer. Et les plateformes principales aujourd’hui sont LinkedIn et YouTube, qui sont des plateformes où il est facile d’ignorer la critique tout simplement, ou de la noyer dans un flot écœurant de béni-oui-ouisme mielleux.
Sur le fond :
Avant je dirais, 2010 / 2012, le SEO c’était un métier encore plutôt neuf, et assez mal connu du grand public. La communication sur les blogs s’orientait donc en majorité vers du partage – du vrai. Partage avec la communauté tout d’abord où on revenait sur nos tests, nos processus, sur ceux des autres, sur nos victoires et nos échecs mais aussi et surtout sur l’évolution des algorithmes des outils de recherches et des nouveaux outils qui arrivaient à notre disposition des médias sociaux. (twitter c’est 2006, FB 2004, LinkedIn 2003). Et beaucoup de vulgarisation pour faire connaitre le métier.
Pour mémoire en 2009, Google c’est seulement 75% de part de marché des moteurs, Yahoo 11%, Bing 8%. C’était un monde pré-Panda et pré-pingouin
Aujourd’hui, au niveau du fond, ma foi, on n’y voit pas de masses d’innovations ou de partage des idées. La plupart des postes qu’on peut lire sont passés de l’échange d’idées à la promotion de soi-même. Les « articles » sur LinkedIn sont pour la plupart creux, aseptisés, centrés autour de la personne qui poste, sans valeur. Publiés à grand renfort de carrousels et autres présentations.
Vous voulez un exemple ? (Promis! c’est un truc que j’ai lu)

Les mecs te disent que pour avoir du succès en SEO il faut… faire du SEO, mais mieux que ses concurrents. Sans dec’ on en est là.
Et comme LinkedIn est une plateforme mièvre au possible, peuplée de bisounours à l’ego démesuré mais fragile, vous verrez une armée de suiveurs opiner du chef et félicitant l’auteur pour sa vision des choses et son génie.
Le problème
Le problème, c’est que ça commence sérieusement à se voir que c’est au mieux de la promotion moisedave, au pire de l’incompétence crasse. On parle même de l’effet « boule de merde ». Comme vous pourrez le lire dans cet article de Pierre Ribeaucourt.
Article qui s’appuie lui-même sur la réflexion de Guillaume Peyronnet et de son article « SEO et IA : la grande illusion qui va ruiner votre expertise » .
Dans son article Guillaume met en avant les dangers de l’automatisation excessive dans le domaine du SEO. Il explique comment beaucoup de professionnels perdent leur expertise en déléguant trop de tâches à des outils d’IA et comment cette dépendance entraîne une diminution de l’apprentissage et de la réflexion critique. Et enfin comment les réseaux sociaux amplifient ce phénomène en favorisant le volume de contenu plutôt que la qualité.
LinkedIn et YouTube croulent sous les contenus SEO, à flux tendus qu’ils sont, les influenceurs référencement en France. Malheureusement, Ils ne produisent que du bruit, des titres putaclics, et des pourcentages sortis de leurs fions ! « Ma méthode SEO a Zéro euros ! Tu vas kiffer », « Le top 5 des erreurs SEO en 2025 que je vois sur 99% des sites ». Ah et j’allais oublier le ton comploplo en prime « Pourquoi ma formation dérange ! », « Les méthodes que les agences vous cachent ! » , « 5 choses sur lesquelles 42% des agences SEO vous mentent ! »
Rien à se mettre sous la dent, avec des articles souvent générés à grand renfort d’IA et de prompts grossièrement simplistes du type :
« Tu es un expert SEO avec 15 ans d’expérience, donne-nous les 10 meilleurs moyens de faire du link building. »
Je devrais faire un test tiens, je devrais changer mon tire de post avec quelque chose du genre « {Chirurgiens|Gurus|Magiciens|Sorciers|SuperHero} du SEO », qui va « laisser tes concurrents dans le rétro des SERPs » et « t’aider à faire du CA$H » « en 90 Jours » parce que je suis le meilleur grace aux « 500 audits SEO que j’ai fait l’année derniere », coller une nouvelle photo de profil avec un casque vissé sur les oreilles pour cacher le « headphones dent » de mon crane et me mettre à poster du contenu IA de façon industrielle c’trop facile.
Tiens voilà!

Classements et Compétences
Et là c’est le drame, je tombe sur ce poste de Guillaume Giraudet-Bacchiolelli sur le top 50 des SEO sur LinkedIn. Aaaaaaah …. Les classements SEO… vaste sujet de discorde s’il en est.
Alors dans son article Guillaume a l’honnêteté de préciser que c’est le classement des « créateurs » et que pour eux ça représente « leurs bulletins de notes ». Là où j’ai plus un problème avec ce genre de classements c’est que pour certaines entreprises, c’est effectivement le « guide du routard du SEO » parce que ce classement est censé être basé (en partie) sur « la crédibilité et la qualité du contenu » .
Et pour le coup ca me pose un vrai souci parce que, je ne les connais pas tous les pelos, et y’en a surement qui sont meilleurs que ce que je pense, mais je suis désolé si on se base uniquement sur les publications qu’ils envoient, la crédibilité et la qualité du contenu c’est level caniveau.
Et leur classement, il marche sur la tête.
Alors on y voit pas QUE du glandu dans le truc non plus hein, faut pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. Mais voir un Paul Sanchez ou un Kevin Richard, si bas dans le classement c’est du grand Nawak. Et je ne parle même pas des absents, comme Stephane Madaleno, ou Mathieu Gheerbrant et/ou encore d’autres que je ne citerai pas parce que ça serait trop long.
Je vais même vous dire un truc qui va me faire mal au fion mais quelque chose de dru: même Bourelly il a plus sa place dans ce classement que la moitié des mecs / meufs qui y sont. Et il n’y est pas !
J’en suis a promouvoir Bourelly putain! C’est dire l’indigence du truc. J’en serais presque à être désolé d’y voir des gens que je respecte dans le machin.
Conclusion
En conclusion, ma foi une bien triste situation qui je pense ne va pas s’améliorer, et pour une simple raison comme le soulignait Camille Gillet dans une de nos discussions :
« Il n’y a AUCUN intérêt à faire du contenu de qualité sur LinkedIn (NDLR : et j’ajouterai YouTube).
Ce qui fonctionne est exactement la même recette que pour TF1 dans les années 90.
- Contenu ultra-facile à digérer et pas trop compliqué.
- Recherche d’engagement émotionnel (ce qui explique les 36:15 MYLIFE option victimisation).
- Contenu connu pour que les gens sachent comment rebondir.
- Bienveillance mièvre, parce que c’est le plus important.
- Visuels Pixar-IA si pas de photo sexy…
».
Bref, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle du SEO Fast Food à la TikTok, fait à base de prompt IA et d’achat de liens. Une ère où il sera de plus en plus difficile de trier le grain de l’ivraie et trouver de vrais bons prestataires, capables de pondre de vraies bonnes stratégies SEO et de les mettre en place.
Et quelque part c’est peut-être cela la mort du SEO.


Hélas oui il se passe un truc. Sur l’aspect « Idiocracy », Korben a publié un billet intéressant qui va dans le même sens, et pas seulement appliqué au SEO bien sûr : https://korben.info/sommes-nous-devenus-trop-cons-declin-cognitif-ere-numerique.html
Je vais alle lire cet article de Korben dans les plus brefs delais
Paradoxalement je pense que ça ne s’est jamais si bien vendu vu le reach que ça représente et l’effet « influenceur »
Hello copain,
Content de t’avoir fait réfléchir, et d’être cité à côté des plus grands du métier.
Est-ce qu’on peut ajouter un paragraphe dédié (et une place spéciale en enfer) pour celles et ceux qui maximisent leur reach en demandant « partage, commente Machin et je t’envoie le lien en DM », pour leurs resources pondues en 20 mn à grand coup de ChatGPT ?
Peut-être aussi que parce que le SEO était une nouvelle discipline, l’échange, le partage et la bienveillance étaient nécessaires pour consolider les pratiques et faire grandir le métier jusqu’à ce qu’il soit suffisamment reconnu. Et ce que l’on observe aujourd’hui ne serait que la conséquence, qu’on peut déplorer, mais finalement logique ? Pour ma part, je ne sais pas dire s’il y a des tendances similaires dans les métiers proches (SEA, tracking…).