I-GOT-THE-BLUESPutain…. mais que la semaine a été (est toujours) longue … et j’ose même pas imaginer comment va se passer le prochain trimestre… honnête les gars j’appréhende cher…

Et pourtant tout comme la plupart d’entre vous lecteurs, j’aime mon job… Sans déconner, même après plus de 12 ans je kiffe toujours être SEO. Abusé. Même les taches chiantes, en fait… même quand je me plains d’avoir à me palucher une liste de 30,000 liens a la pogne pour nettoyer le bordel d’un hacker chinois, même quand je maudis les mecs et leurs familles sur 25 générations. J’aime mon job !

Et puis t’as des moments comme les 3 dernières semaines ou par moment t’as juste envie de dropper ton clavier, tout envoyer chier, et sortir du bureau en faisant un bon gros doigt a tout le monde pour aller vivre dans une cabane dans les bois… ou sur un bateau. Et le pire dans tout ca c’est qu’on peut résumer le mal en 1 phrase:

Les marketings Exec n’ont aucune putain d’idée de ce qu’est le SEO

Ça en est affligeant ! Aux yeux des gens qui me dirigent je suis toujours un putain de druide qui fait des incantations en sacrifiant des animaux devant un totem à l’effigie de Matt Cutts.

C’est navrant à quel point ils y pigent que dalle. Et je crois que le constat est encore pire c’est quand tu bosse in house, parce que la situation est accentué par le monde et l’esprit « corpo ».

T’es le plus petit budget donc on t’écoute en dernier

Et quand on final on te prête une oreille, bah ça ne fait pas partie du plan mis en place par la direction. Désolé….

Juste pour vous planter le décor, ma boite est en pleine refonte générale des sites, nouveau design, nouvel UX, nouveau CMS…la totale. Et tant qu’on y est on va envoyer la migration HTTPS et une nouvelle architecture. On remet tout à plat et on recommence, avec une GROSSE agence Créa à la barre, (agence choisie par la Chief Marketing Officer) – on parle d’un projet avec six zéros sur la facture et avec une priorité poussée par le CEO – transfert de la visibilité.

On pourrait se dire – Enorme Opportunité de finalement amélioré le bouzin

Sauf que… NON ! Depuis le début du projet je suis en mode « damage Control » avec les 2 pieds saur la pédale de frein tellement les trucs que je vois passer sont aberrants depuis l’architecture des pages jusqu’au process de redirections et en passant par la construction des URLs … du grand n’importe quoi !

Et oui mais c’est du grand n’importe quoi qu’on paye avec un chèque a six zéros et donc beaucoup de trucs qui sont littéralement un gros doigt bien profond au bon sens le plus élémentaire va quand même être mis en place. Le fait que le SEO représente 20% du CA avec un budget annuel égal au 10e du budget mensuel Adwords n’a aucune importance… on paye des millions pour qu’une « agence de Créa » nous dise de faire n’importe quoi alors on va le faire!

Vous pourrez être témoin vous-même quand vous verrez notre nouvelle home page dans 6 semaines… vous verrez … c’est du grand art!

L’Ubuisme de l’organisation chart

On vient de revoir l’organisation chart du service marketing… a priori rien de bien important et pourtant je pense que c’est une des choses qui montre les symptômes du problème parfois.

Par essence, le SEO ne tient pas dans une boite… Le SEO c’est de la technique, mais pas que… le link building c’est du PR ? Oui mais pas que…. Et le contenu ? Bah oui … mais pas que… pour une corporation c’est gênant – ou est ce qu’on le colle le SEO manager la ? Avec l’équipe Créa en charge du contenu ? Avec la web team ? Avec l’équipe presse? Au final je fais partie logiquement de l’équipe acquisition mais cela n’empêche pas certaines situations totalement ubuesques.

Par exemple les équipes relation presse, SMO et Contenu sont séparées et dirigées par d’autres personnes. L’équipe RP dépend directement du CEO, l’équipe contenu dépend du service Merchandizing, ou créa selon les besoins, la SMO dépend de l’équipe « marque / loyalty ». Alors, bien sûr, ce n’est pas comme si ces gens étaient dans des bureaux en Inde ou sur la lune, je peux toujours me lever et aller parler a tous ces gens et il y a une plutôt bonne communication transversale. Mais dès qu’il s’agit de lancer un peu des projets d’envergure, imaginez la galère pour coordonner tout cela, chacun a son agenda, chacun à ses priorités et chacun répond de ses actes a quelqu’un de différent.

Pour tout dire le pire je crois c’est sur un des Tools que j’utilise, c’est un tool que j’ai poussé pour avoir et qui au final intéresse a la fois personnes et tout le monde… du coup c’est un tool que j’ai poussé, que je vais utiliser, qui va être la propriété du service IT mais dont le paiement dépend du service brand ! o_O

MNOTHER-OF-GOD

L’absence d’évolution sociale

Alors ce n’est surement pas le truc le plus important mais… soyons franc… au final ça pèse sur le moral. Et pour le coup je suis dans le même bateau que le mec qui gère le PPC. La montée de l’échelle corpo lui ou moi on peut s’asseoir dessus.

Il y a d’abord le jeu corporatiste normal. Ca la limite je comprends… j’ai déjà vécu : On a une nouvelle CMO, elle est arrivée avec son équipe, elle place ses pions et ensuite elle les promeut… C’est un poil frustrant mais c’est le jeu ma pauvre Lucette.

Non le coté frustrant c’est qu’en 3 ans lui et moi on a vu des gens arrivé bien après nous devenir senior manager de ceci, directeur de cela, spécialiste de machin… Bref à chaque train de promotions tout le monde est servi sauf les 2 cons du Search.

A nous 2 on représente 40% du CA on sue sang et eau et on n’est pas promu parce qu’il n’y a pas besoin de faire venir plus de monde dans nos équipes (enfin d’après les équipes dirigeantes hein !), que personnes ne peut faire notre boulot à notre place et qu’on ne veut pas créer des conflits d’autorité transversale… du coup lui comme moi on reste bien calé dans nos rôles respectifs. Seul bon côté c’est que les dirigeants vont réfléchir a 2 fois aussi avant de nous dégommer si un jour il y avait matière…

En conclusion

Désolé les gars aujourd’hui pas de conseil ou d’envolée lyriques sur tel ou tel sujet. J’avais besoin de lâcher un peu de pression et … putain ça fait un bien fou.