Depuis ce qui me semble être une éternité, LinkedIn ressemble un peu à un téléachat géant du GEO.
Tous les trois posts, tu tombes sur un type qui t’explique que “le SEO est mort”, que “les LLMs ont remplacé Google” et que si ton entreprise n’est pas déjà “LLM-first”, “answer-engine-native” et “prompt-optimized”, alors autant fermer le site et partir élever des chèvres dans le Larzac.

Et sans trembler des genoux le pelo!
Et évidemment, le tout accompagné d’un carrousel avec des dégradés violets et une série de photos d’eux d’eux-mêmes générées par IA justement. Histoire de montrer qu’ils sont à la pointe.
Calmons-nous deux minutes.
Parce qu’à écouter certains experts autoproclamés du GEO, on pourrait croire que plus personne n’utilise Google et que l’intégralité du trafic mondial passe désormais par ChatGPT, Perplexity ou Gemini.
Sauf que… ben non. Pas encore.
Les chiffres sont quand même assez têtus sur le sujet. Aujourd’hui, la recherche organique reste MASSIVEMENT la principale source de trafic des sites web.
En moyenne, on tourne encore autour de :
- ~50% de trafic organique
- ~25% de direct
- ~13% de referral
- ~5% de paid
- ~4% de social
Et les LLM dans tout ça ?
Ben… environ 1%. Oui oui. Vous avez bien lu… UN POURCENT.
Alors évidemment, je vois déjà les évangélistes du GEO commencer à s’agiter au fond de la salle : “Oui mais et les mentions !”, “Et puis la découvrabilité conversationnelle !”, “Oui, mais les assistants IA deviennent la nouvelle interface du web !”
Oui. Ça va… Ça va. Détendez-vous du slob… Le problème, c’est surtout le niveau d’exagération permanent autour du sujet. Parce que non, les LLM n’ont pas remplacé les moteurs de recherche. Par contre, ils sont en train de devenir une nouvelle couche de découverte.
Et ça, ce n’est pas la même chose. Le SEO n’est pas mort. Il est juste en train de muter.
Encore.
Comme tous les trois ans depuis vingt-deux ans. (22 ans putain… 22 ans…)

Pendant ce temps-là, Google continue d’imprimer de l’argent comme si de rien n’était. Les recherches continuent d’augmenter (16 milliards/jour en 2026). Le trafic organique reste énorme. Les revenus de Google Search progressent encore à la vitesse grand V (60 milliards en 2026 +19% YoY).
Bref, on est très loin de l’apocalypse SEO que certains nous vendent avec la subtilité d’un vendeur de NFT en 2021.
Au fond, le GEO c’est « juste » du bon SEO.
Oui, je sais. Incroyable découverte.
Les systèmes d’IA favorisent exactement les mêmes choses que les moteurs de recherche aiment depuis des années :
- Un contenu clair
- Une structure propre
- Un site techniquement accessible
- Des signaux d’autorité
- Des sources crédibles
- Une vraie présence dans l’écosystème
Mais alors qu’est-ce qu’on doit-on faire si on veut apparaître dans les LLMs
Approche-toi donc, jeune padawan… Je vais te donner le secret ultime pour apparaître dans ChatGPT en utilisant des exemples de la vraie vie. Apparaître dans les LLM, c’est facile, il suffit de répondre aux 3 questions suivantes :
1 : Les requêtes sur lesquelles on veut apparaître reflètent-elles « la réalité »
Régulièrement chez EA il y a quelqu’un qui va venir me demander pourquoi on n’est pas cité dans tel ou tel LLM sur « meilleur jeu + genre + année ». Par exemple aux alentours de Noël les gens de l’équipe de Battlefield sont venus me demander pourquoi ChatGPT ne nous citait pas sur « meilleur Shooter 2025 ».
Et ma première question a été : Est-on le meilleur shooter de 2025 ?
Eh oui parce qu’autant pour les moteurs il suffit de créer une page plutôt bien foutue sur le sujet et en avant les bugnes, il y aura moyen de moyenner assez vite. Les LLM, c’est différent, font une énorme tambouille statistique à partir de ce qu’ils trouvent un peu partout sur le web. Du coup c’est moins facile d’arriver pour dire tout et n’importe quoi sur n’importe quel sujet. Il faut qu’une marque soit reconnue de manière répétée comme une source crédible et pertinente sur les sujets, prompts et requêtes que les utilisateurs recherchent.
En Bref.
Si personne ne vous associe naturellement à un sujet… les IA ne vont pas soudainement décider toutes seules que vous êtes importants.
NDLR : En l’occurrence, BF6 est « Le Shooter le plus vendu en 2025 ». La notion de « meilleur » étant subjective, on peut quand même s’accrocher à quelque chose d’ancré dans le réel.
2 : Si oui – Communiquons-nous suffisamment sur ladite requête ?
Ma 2e question pour l’équipe de BF6, ça a été : « Mais on a publié sur le fait que nous sommes le Shooter le plus vendu en 2025. »
Si vous ne parlez pas de vous-même, personne ne le fera à votre place. Environ 13 % des mentions dans les résultats de recherche IA proviennent des domaines détenus par les marques elles-mêmes. Du coup si vous voulez apparaître dans les LLM il faut commencer par publier du contenu sur le sujet sur lequel vous voulez être mentionné. Ça vous décoiffe hein !
NDLR : Non, l’équipe BF n’a pas publie d’article sur le fait que le jeu ait été le shooter le plus vendu en 2025.
3 : Quelqu’un d’autre parle-t-il de nous en rapport à la requête ?
Enfin, ma dernière question pour l’équipe BF a été : Et est-ce qu’on a fait un press release ? Afin de relayer l’info ?
85 % de la découverte de marque dans les environnements de recherche IA provient de sources tierces.
Autrement dit : la majorité du “moment où on vous découvre” ne se passe même pas chez vous. Le Link building à l’ancienne vient de muter façon Frankenstein. En plus des liens maintenant il va falloir aller chercher :
- De la Presse
- Des médias spécialisés
- Des créateurs de contenu et des influenceurs
- Des reviews
En conclusion
Au final, si on enlève tout le bruit autour du GEO, des “AI-first stratégies” et des prophéties LinkedIn sur la mort du SEO tous les quatre matins, il reste une réalité assez simple :
Le SEO et le GEO sont beaucoup plus proches qu’on essaie de nous le vendre. Les LLM ne font pas une rupture magique, ils prolongent surtout les mêmes logiques avec une couche de synthèse en plus.
Et c’est peut-être ça le point important : SEO et GEO ne sont pas deux mondes différents, juste deux interfaces d’un même système de visibilité, avec les mêmes fondamentaux… et beaucoup moins de magie qu’on veut bien le raconter sur LinkedIn.
