ramenos interview

1. Salut Arnaud est ce que tu pourrais te présenter ?

Salut Julien !

Je m’appelle Arnaud Mangasaryan (aka Ramenos) et je suis expert en SEO depuis plus de 10 ans maintenant. Issu d’un master fait à l’école HETIC en région parisienne, j’ai choisi de m’orienter dans le SEO pour la raison suivante : « peu importe ce que l’on fait en ligne, ça n’aura aucune valeur si personne ne trouve ta création, aussi magnifique soit elle. »

En France, j’ai démarré ma carrière chez Aposition puis je suis ensuite parti faire du SEO chez FigaroClassifieds (à l’époque, ça s’appelait encore Adenclassifieds). Dans ces 2 entreprises, j’ai eu la chance d’avoir deux excellents mentors qui m’ont beaucoup appris sur le métier et sur la façon de penser vis-à-vis de ce métier, très pragmatique.

Mi-2009, j’ai décidé de partir au Canada. 1er avril 2010, j’avais posé le pied sur le territoire canadien. J’ai, durant 4 ans, fait du SEO et du PPC chez TC Media, un annonceur qui possédait pas mal de sites à forte audience dans le domaine de la cuisine, mode et décoration : ça a été une très bonne école et j’ai pu faire de beaux projets. Je suis ensuite parti en agence chez Tink en tant que chef d’équipe SEO/PPC/Webanalytics. Par la suite, je me suis mis à mon compte en SEO et j’ai fait de la consultation à plein temps durant plusieurs mois.

Actuellement, je suis responsable de toute la stratégie SEO chez SSENSE, un site eCommerce qui vend des vêtements et des accessoires fashion à travers le monde. Je mets au point les différentes stratégies (et tactiques) et je suis en charge de monter également un pôle SEO. Faire du SEO en eCommerce ET à l’international, c’est quelque chose !

2. Tu travailles depuis longtemps au Canada. Qu’est ce qui t’a poussé à partir ?

Parmi mes passions, le voyage fait partie du top 3 : j’ai toujours aimé voyager, découvrir un pays en long en large ; faire de la photo de paysages et de rue. Quand tu arrives dans un pays qui ne parle pas ta langue et que tu es perdu dans une ville, je considère que c’est généralement très bon signe !

Pour faire le lien avec ta question : durant mes années de Master, j’ai eu l’occasion de partir chez les indiens navajos en Arizona enseigner le HTML/CSS. Suite à cette expérience formidable, je m’étais juré de repartir un de ces 4 dans un pays qui m’était alors inconnu pour tenter une nouvelle expérience.

J’ai choisi le Canada pour plusieurs raisons mais parmi elles, je citerais : travailler façon Nord-Amérique, avoir l’impression d’être le bienvenue en tant qu’européen, travailler en anglais et découvrir des paysages somptueux. Après plus de 6 ans de vie ici, je peux te dire que je ne regrette pas mon choix. Y resterai-je toute ma vie ? Impossible de te répondre.

3. Quelle est la différence majeure entre le marché SEO au CA et le marché FR ?

Elle se fait à plusieurs niveaux :

Sur le plan de la visibilité en ligne
Lorsque tu fais du SEO au Canada, tu as la partie francophone, où il y a peu de concurrents sur le marché en ligne (en règle générale) et la partie anglophone (beaucoup plus compétitive en termes de positionnement, notamment à cause de nos voisins les USA qui sont juste de l’autre côté de la frontière). D’ailleurs tu as Google CA-fr et Google CA qui renvoient des résultats assez différents, je peux le voir tous les jours pour le site de mon client.
Après, sur le travail en tant que tel, il faut avouer que tous les fondamentaux restent les mêmes. On fait du SEO, on s’adapte à son marché, ses habitants, mais beaucoup de rouages sont communs aux 2 pays, il faut juste prendre le temps de s’adapter à la nouvelle culture (point essentiel selon-moi si tu veux te faire une place et évoluer sur le marché).

Sur le plan maturité de l’expertise
A mon arrivée, le Canada avait clairement un net retard par rapport à la France et même aux US dans le domaine du SEO. Avec le temps, j’ai trouvé que cet écart s’est réduit vis-à-vis des 2 pays, sans jamais toutefois les rejoindre. Cependant, comme tout est bien plus axé performance ici qu’en France (en tout cas, ça a été mon impression à mon arrivée), ça implique tout de même une certaine subtilité dans la gesiton de projet SEO.

Tu veux changer X et Y sur la structure ? Soit, qu’est-ce que ça va me rapporter ? Tu veux faire de l’acquisition de visibilité ? Ok mais ça rapporte quoi aujourd’hui un lien entrant provenant d’un nouveau domaine ? Je te laisse par exemple imaginer la complexité à créer une façon de savoir combien me rapport chaque nouveau lien entrant vers mon domaine. Etc, etc…

Sur le plan du marché de l’emploi
En SEM (SEO+PPC), il y a du travail, que tu habites le Québec, l’Ontario ou la Colombie-Britannique (je te laisse confirmer pour cette 3ème province mais de ce que j’ai vu, il y a de la demande). Après, c’est toujours la même histoire : quand tu as de l’expérience et que tu veux un poste plus stratégique, les offres sont moindres ou alors ça va être à toi de convaincre une entreprise de créer un poste (c’est possible ici). Quand je parle de la demande qui est bien présente, je te confirme que c’est le cas à la fois chez l’annonceur et en agence.

4. Quels sont tes plus gros challenges au niveau SEO en ce moment ?

Accélérer la mise en place des recommandations SEO sur le site. Ça peut paraître stupide mais c’est le dilemme d’être un SEO in-house. Lorsque j’étais chez TC Media, j’avais travaillé sur la chose et au bout d’un certain temps, mes gros projets SEO se réalisaient en moins de 3-4 mois, ce qui était très gratifiant sur le plan personnel et professionnel : accomplir un projet qui marche, c’est bien. Accomplir plusieurs projets qui rapportent… T’as des étoiles à la place des yeux.

Dans ma boîte actuelle, je travaille encore sur la problématique mais ce n’est pas évident, même si tu as le soutien de ton supérieur. Tu dois toujours jouer sur différents plans : la (non)connaissance du SEO à l’interne, l’éradication des mythes et de la désinformation sur le SEO et les moteurs, la priorisation de l’expertise dans les projets, les méthodes pour contrer les dirigeants qui imposent leurs idées par la terreur (oui, oui, ça existe), les relations avec les équipes clés qui t’aident et enfin la mise en avant du retour sur investissement généré par les opportunités SEO proposées.

J’en oublie sûrement mais je vais éviter de transformer l’interview en conte des 1001 nuits.

5. Tu as créé l’association DoyouSEO il y a 4 ans maintenant ? Quelle était la raison initiale ?

A mon arrivée au Canada, je n’ai pas réussi à trouver de vraies communautés SEO. Il y avait certains Meetup sur le sujet mais c’était très orienté business ou tu avais 2 gus qui venaient généralement vendre leur CMS, leur plugin ou leur solution en mettant en avant 1 feature pour le SEO. Jean-Michel IT montrait le produit pendant que Jean-Michel Pognon tentait de vendre l’outil à chaque participant… Affligeant.

Parfois, on pouvait trouver une conférence SEO, organisée par les agences web du coin, et également trop orientées business.

Je me suis dit que du coup, ça pourrait valoir le coup de créer comme des camps récurrents, uniquement axés autour du SEO, où l’on aurait 1 ou 2 intervenants qui viendraient partager leur expérience en rapport avec la thématique SEO… Choisie au préalable par les participants. Pas d’auto-promo, pas de théorie mais que de la pratique et/ou du partage d’expérience.

La formule a remporté son succès et l’Association DoYouSEO a été créée avec ses administrateurs, ses membres, ses partenaires et tout ce qui va avec. Le DoYouSEO approche de ses 5 ans d’existence, et à date, les camps rencontrent toujours un grand succès où nous sommes forcés de refuser du monde pour éviter que cela ne devienne une « conférence ».

6. Comment ça se passe ? Quelle est l’actualité de l’association ?

Plutôt bien ! Il y a beaucoup d’opportunités au sein du DoYouSEO et pas mal de projets à faire mais comme tu t’en doutes, nous avons tous une vie professionnelle et personnelle à côté de l’Association alors on y met le temps que notre train de vie nous permet.

Nous organisons un DoYouSEO Camp tous les 2 mois. Durant l’été, nous faisons des apéros SEO à Montréal. Nous avons monté quelques vidéos sur les fondements du SEO (qui arriveront bientôt), une nouvelle étude du marché SEO est en préparation et nous réfléchissons à l’idée d’organiser du Speed Recruiting SEO grâce à l’Association.

Le principal challenge de l’Association est de trouver et varier les intervenants pour chaque camp organisé. A date on s’en sort grâce on a de nombreux contacts (ton intervention avait d’ailleurs été très appréciée Julien ;)) mais ça demande quand même du boulot.

A date, Le DoYouSEO se positionne comme l’Association (francophone) des référenceurs en Amérique du Nord, mais à termes, nous aimerions nous étendre vers l’Ouest du pays. Je profite au passage de ce post pour faire une annonce : si vous êtes intéressés à aider l’Association, contactez-nous.

7. Tu as de nouveaux projets sur le feu ?

A côté du travail et de l’Association à gérer, je passe une partie de mon temps à préparer et savourer mes voyages, courts ou longs. Qu’il s’agisse d’un long weekend dans une région inconnue du Maine ou de 3 semaines passées dans l’Ouest canadien avec un gros RV, les destinations sont variées.

En parallèle, je streame chaque dimanche sur ma chaîne Twitch du RPG et du Tactical RPG sur PC car ça m’amuse énormément. Et mine de rien, faire du live en vidéo, c’est quelque chose qui s’apprend et se peaufine dans le temps.

Toutes ces expériences de voyages et gaming PC se retrouvent au sein de mon blog Gamer Voyageur, site relativement explicite par son nom. Encore en beta, j’ai pas mal de voyages en retard qui attendent leur récit écrit dans la catégorie Pays. Je devine d’avance la question de certains en commentaires et je vais y répondre dès maintenant : je fais ça par plaisir, et non pour les sous.

J’ai certes quelques projets de sites ou produits en tête, mais il est encore trop tôt pour annoncer quoique ce soit.

Entre le travail, l’Association, les voyages, la photo de rue, Gamer Voyageur et le stream, j’ai de quoi faire et je fais partie de ceux qui trouvent que le temps file à toute vitesse. C’est d’ailleurs pour ça que mon blog professionnel a été quelque peu délaissé au cours des derniers mois (j’en suis désolé). Il est toujours vivant et je continue d’écrire dessus mais seulement lorsque j’en ai envie. Ecrire « juste » pour écrire ne m’intéresse pas et n’oublions pas la raison d’être d’un blog.

Sur ce, un grand merci pour cette interview Julien. Ça m’a fait plaisir de te revoir à Vancouver et Seattle au cours des 12 derniers mois. A ton tour de revenir faire un petit tour à Montréal, je t’emmènerai manger une poutine de folie !